Maladie Fibromyalgie

FIBRO’lettre de… février 2011

« Y a t-il assuétude chez le fibro ? »

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Ne suis-je pas tombée sur la tête en utilisant des mots que nous n’utilisons jamais ? … Non, rassurez-vous. Je voulais juste aborder la question de la dépendance ou pas à différentes substances que nous consommons. Je voulais juste aborder ici ce qu’est la dépendance médicamenteuse, mais aussi celle que nous mettons en place pour compenser notre état. Je voulais aussi vous livrer mon témoignage à ce sujet que j’approfondirai plus longuement dans mon prochain livre.

Qu’est ce que l’assuétude ?

Le terme assuétude signifie tout simplement en langue de Molière la dépendance, l’accoutumance. Nous entendons souvent parler de dépendance ou d’addiction. L’addiction, du latin ad-dicere « dire à » s’employait surtout vis-à-vis de la personne esclave d’un tiers. Puis au Moyen-âge, « être addicté » signifiait l’obligation d’un débiteur à rembourser sa dette par un travail, obligation rendue par un tribunal. Le terme addiction est souvent employé quel que soit le produit concerné ; ainsi, on parle d’addiction à la drogue, à la cigarette (…) évidemment, mais également d’addiction au chocolat, aux substances sucrées… Et parfois son utilisation est galvaudée comme lorsqu’on parle de sex-addict.

Dès 1908, des psychanalistes ont étudié les mécanismes inconscients, pulsionnels qui régissent l’addiction. J’ai assisté à une conférence donné par le Docteur Morel, psychiatre, président de la Fédération Française d’Addictologie (FFA), auteur du livre « les drogues et dépendances ». Je vais en quelques lignes vous donner les pistes qui m’ont semblé intéressantes.

– tout d’abord, il s’agit de substances qui modifient le fonctionnement de notre cerveau, qui agissent directement au niveau émotionnel. L’objectif étant bien de faire baisser la sensation de mal-être.

le produit consommé n’a pas le même effet selon les individus ; il faut également prendre en compte les circonstances, le mode d’administration, l’historique de vie (fumeur ou non…). Le Docteur a employé la formule E=SIC (la loi de l’effet résulte de la substance, de l’individu et du contexte). Il est capital d’analyser les trois axes.

au départ, il s’agit d’un stress, d’une culpabilité qui entraine une souffrance. L’individu ne supportant pas cette intense souffrance doit trouver quelque chose pour se soulager. Parfois ce sera la tablette de chocolat et parfois un verre, puis deux… Le médecin, lui, vous prescrira des psychotropes afin de vous faire passer le cap difficile.

Peut-il y avoir assuétude médicamenteuse ?

En ce qui concerne la fibromyalgie, il est nécessaire d’agir sur la sérotonine et sur la dopamine au-delà de l’aspect dépression réactionnelle et douleurs ; certains médicaments le permettent et vise à les recapturer.

Pour ma part, assujettie à consommer des psychotropes pendant plus de 15 ans, je peux dire, au-delà de ce qu’affirmait mon médecin, que l’arrêt, même pendant deux jours, de l’une des substances induisait des effets de manque. Je me retrouvais avec des douleurs dans les mâchoires, les dents, des vertiges et j’étais comme dans du coton, « un peu à côté de la plaque » ! Pour arrêter ces substances, il fallait progressivement diminuer les dosages pour ne pas entrainer un contre-effet à l’effet attendu au départ.

Ainsi, certains médicaments produisent à mon sens, une forme d’addiction. Sans son ½ cachet, impossible d’aller mieux ou de dormir. Une étude sur « le bon usage des médicaments psychotropes » (rapport n° 1387 (AN – XIIè législature) de Mme Maryvonne Briot, députée, a été déposé le 22 juin 2006. Son étude est des plus intéressante puisqu’on peut voir qu’un produit, trop longtemps administré a un effet contraire à l’effet attendu lors de la prescription. C’est pour cette raison qu’on a pu voir dans l’actualité des personnes se suicider alors qu’elles se trouvaient justement sous traitement.

Réfléchissons à notre consommation d’autres substances pour compenser notre état fébrile, difficile à vivre. Je parle ici d’alcool, de tabac, de chocolat ou autres produits sucrés. Là aussi, il peut y avoir dépendance.

Je vous laisse donc librement vous interroger… Pour ma part, en septembre 2005, ayant la conviction profonde que ces psychotropes ne m’aideraient pas, j’ai choisi de les supprimer complètement. Le sevrage s’est fait sur plusieurs semaines. A ce jour, cinq ans plus tard, je vais bien et je n’ai pas à souffrir d’un quelconque état dépressif… juste occasionnellement une perte de positivité qui est normale. Mais je l’avoue, il faut être soutenue pour avancer sur ce chemin ou alors pourvue d’une conviction intérieure inébranlable, au-delà du qu’en dira-t-on, du qu’en pensera-t-on, au-delà des réflexions et railleries.

Je suis et je reste à l’écoute de mon corps… et sachez que notre alimentation peut largement nous aider dans ce sens.

Liens :

– Royal College of Psychiatrists – les antidépresseurs

dopamine ; sérotonine (wikipédia)

les bienfaits d’une activité physique (tendance-sante.fr)

« les 6 super-neurotransmetteurs de votre cerveau » (lanutrition.fr)


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8 Commentaire

  1. catherine dit :

    Vous dites que la Dopamine se trouve aussi dans les produits laitiers , mais les médecins que j’ai consultés (fibro depuis trois ans ) me déconseillent tous les produits laitiers!!!!!!
    Ils sont tous du même avis en disant que c’est ‘mauvais ‘ pour les muscles……
    Alors que faire????

  2. Patricia dit :

    Les informations que j’ai trouvées disent effectivement que la dopamine se trouve dans les produits laitiers. Dans wikipédia, il est mis « De petites étoiles blanches sont visibles sur la tranche de section de certains fromages. Des cristaux de tyrosine attestent de la protéolyse lors de la maturation, cette tyrosine peu soluble dans l’eau se rassemble en fines cristallisations. » La dopamine est issue de la tyrosine… voilà ce qui explique cela.
    Mais effectivement, l’acide lactique qui est le résultat d’une dégradation d’aliments (produits laitiers, vin ou légumes semi-fermentés) agit directement sur le muscle. Dans le processus des cellules, il faut un certain équilibre entre les sucres consommés et le taux d’oxygène… pour apporter suffisamment d’énergie à nos cellules, sans entrainer fatigue puis courbatures… voir douleurs… Mais bon, je ne suis pas médecin et je ne m’aventurerai pas plus sur des explications très compliquées. Merci à celle ou celui qui nous lit de nous donner de plus amples informations.
    Pour ma part, j’ai cessé toute consommation de produits laitiers (et gluten) depuis 2006. Ce régime m’a aidée pour améliorer mon état. Mes intestins constamment irrités nécessitaient l’utilisation d’énergie de manière importante puisqu’il fallait constamment lutter contre cette irritation. Donc le corps s’affaiblit. Il faut garder en tête que notre cerveau a pour mission de garder le corps en vie. Lorsqu’il constate des organes en dysfonction, il envoie ses petits soldats pour combattre l’incendie… et tout incendie nécessite une énergie plus importante que lorsque le corps est en bonne santé. Alors effectivement, consommer peu de produits laitiers si vous n’avez pas d’intolérance et pas du tout si, en sus, vous souffrez de colopathies, irritations intestinales…

  3. Bonsoir !

    ce sujet est d’actualité après l’affaire du Médiator et la liste des 77 médicaments sous surveillance par l’Afssaps…
    Je ne crois pas que le sujet d’assuétude soit lié aux fibromyalgiques mais à tous les malades chroniques… Ensuite tu parles plus particulièrement de sérotonine et de dopamine : tu penses donc aux AD en particulier et non à tous les médicaments confondus ?
    Les AD ont une action sur les douleurs mais principalement sur la dépression : celle-ci dure un temps mais si nous en soignons les causes, elle s’estompe avec le temps (la dépression peut être réactionnelle à la fibromyalgie mais ne fait pas partie de ces symptômes. au final très peu de fibros sont dépressifs… on parle plutôt de syndrome anxio-dépressif chez les fibros, causé par la douleur et sa non prise en charge et ce n’est pas la même chose.)
    Ensuite tu as raison de dire que nous réagissons tous différemment : ainsi j’ai pris des mollécules à forte dépendance et j’ai toujours pu arrêter quand je l’avais décidé, juste par force de caractère. Pour autant, ma mère avalait n’importe quoi avec avidité et ne supportait pas l’effet de manque donc continuait de se gaver au lieu de supporter la période de sevrage… Même famille proche, comportements différents…

    Concernant l’article du Nouvel Obs, je n’ai pas de référence à te donner sous la main (mais je peux chercher si tu veux) mais il est montré que les AD sont prescrits en grande quantité mais pas aux bonnes personnes… Ça s’arrange à présent mais on les a vendu longtemps comme « pilule du bonheur », ce qui est totalement faux… Si on est pas dépressif, la prise d’un AD ne nous fera rien, à part nous rassurer psychologiquement… Par contre, les dépressifs vont peu consulter et encore moins se confier (je suis bien placée pour en parler) et donc reste en grande souffrance de peur de se « droguer ».
    Les AD sont une aide précieuse qui peuvent aider à remonter la pente. Ensuite ce n’est pas la panacée, nous sommes d’accord. L’INPES conseille la prise d’AD en // d’une psychothérapie pour le traitement de la dépression.

    Je crois que plus grave que les AD, les anxiolytiques ou même les benzodiazépines en général sont bien plus dangereux car ce sont des caches-misères. c’est très précieux aussi à certaines occasions mais la dépendance est rapide et les effets s’estompent, c’est pourquoi il est inutile de le prendre trop longtemps mais faut se sentir prêt à arrêter aussi…

    Une alimentation équilibrée aide aussi mais ne fait pas tout : tu ne guériras pas une angine ou un cancer juste en mangeant des légumes… sinon je n’aurais jamais été malade de ma vie ! lol

    bon je t’écris un pavé et je ne sais plus trop où j’en suis… je vais donc m’arrêter là pour cette fois mais reste ouverte à la discussion car il est vrai que ce sont des questions que nous nous posons tous…

    bisous

  4. Patricia dit :

    Bonsoir,
    Je suis bien d’accord avec toi… Sauf qu’il me semble que la prise d’AD par des personnes saines doit certainement entrainer à la longue des dysfonctionnements. Un corps qui n’a pas besoin d’être régulé d’aucune manière, subira cela comme une intrusion. Preuve en est le déclenchement d’une tumeur au niveau digestif. Ce qu’il se passe au final est simple. Lorsqu’on pense en permanence, après une situation difficile à encaisser « il faut que je digère cela », le cerveau comprend qu’il y a qqchose de difficile à digérer. Ainsi, il donne l’ordre de sécréter une plus grande quantité d’acide gastrique pour détruire le « truc » difficile à digérer. Et lorsque cet état dure trop longtemps, l’acide finit par endommager les organes et créer une tumeur qui peut se transformer en cancer. Seul le cerveau a le pouvoir de modifier ce qui se passe. Le médicament viendra comme un pansement sur le mal mais n’agira pas sur la cause elle-même.
    On est bien d’accord, les aliments à eux seuls ne peuvent pas tout résoudre. Le corps est tellement complexe entre les vitamines, les oligo-éléments (…) qui lui permettent de fonctionner… et dans nos assiettes, nous avons trop souvent des aliments de base affaiblis. Tout être vivant est énergie. Et il vaut mieux pouvoir ou avoir la chance de consommer des aliments riches en énergie (de son jardin non pollué est le mieux).
    Sache que nous sommes preneur de ton article du Nouvel Obs…
    Merci de nous avoir donné tes impressions.

  5. gardoise30 dit :

    Bonjour, depuis quelques temps, je lis et j’entends beaucoup de personnes malades (même en dehors de la fibro) qui préconisent d’abandonner les produits laitiers et le gluten, en ce qui concerne les produits laitiers, encore peut-être pourrais-je y arriver, mais trouver les produits sans guten, c’est fastidieux, car il faut sans arrêt lire les ingrédients souvent écrit très petits, en plus, je ne peux plus faire les courses et c’est mon mari, qui s’en charge et ce n’est pas facile de demander, en plus d’aller faire les courses seul, à mon mari, de tout lire et de faire constamment attention de prendre les bons produits !… Pensez vous que si on n’est pas allergique au gluten, on doit absolument le supprimer pour notre bien-être dans la maladie ?
    Merci de votre réponse et merci aussi pour votre site qui est très interessant.
    Bien amicalement. Genevieve.

  6. Patricia dit :

    Geneviève,

    Effectivement, arrêter produits laitiers et gluten n’est pas simple.

    Concernant les produits laitiers, pour ma part, j’utilise du lait de riz ou de soja et de la crème de soja… en ce qui concerne le fromage, je ne consomme que de la cancoillotte, élaborée avec le petit lait donc dépourvue au maximum d’acide lactique… et en plus, très peu calorique. Depuis trois ans que je ne mange plus de pdts laitiers mais je dois avouer qu’il m’arrive occasionnellement de consommer un petit bout de roquefort… un péché fort délicieux et qui à ce jour, n’induit pas des douleurs abdominales insoutenables.

    En ce qui concerne le gluten. Il faut supprimer les pâtes (donc adieu pâte à la sauce tomate, au gruyère, spaghettis bolognaise ou carbonara…) mais on s’y fait. On utilise plus le riz, les pommes de terre… C’est plus difficile concernant les pâtisseries et pizzas, quiches… Il est possible d’élaborer des gâteaux avec de la farine de riz additionnée de farine de châtaigne (ou autre)… pour ce qui est des quiches, pizzas… pour ma part, je n’en consomme plus. Mais il est possible d’en faire avec une pâte différente. Ce qui est plus difficile est le pain. En 2008, je réalisais des galettes avec grains de corinthes, quinoa en garniture. J’en consommais par gourmandise. Mais pour saucer, ce n’est pas possible. Comme mes intestins vont beaucoup mieux, je m’autorise parfois du pain. Sinon, j’achète (ou du moins mon ami achète car comme vous, c’est lui qui fait les courses) du pain de maïs. Mais le régime du Dr Seignalet ne préconise pas le maïs pourvu également de gluten… Tout comme il n’est pas pour le soja… Au niveau du gluten, s’il y a qq résidus dans certains produits, ce n’est pas grave si vous n’êtes pas allergique à celui-ci.

    C’est l’occasion aussi de consommer plus de légumineuses comme les lentilles (en salade, aux lardons et crème de soja ou en soupe), les haricots blancs secs (à la sauce tomate, en salade avec de l’ail et du persil et de l’huile d’olive dixit mon ami qui est cuisinier), des pois cassés en soupe. De plus, manger des fruits secs à coque (amandes, noisettes, noix…) permet de compenser certains apports vitaminiques. Pour ma part, je consomme également qq fruits secs comme figues (attention hyper riche), pruneaux, …

    Difficile donc. Et au final, mon alimentation est surtout faite de légumes, fruits, d’oeufs car je n’aime pas trop la viande. Pour me faire plaisir, une crème chocolat soja me réjouit ! Je n’éprouve aucune sensation de manque de quoi que ce soit car je vois et ressens le bienfait de la non-consommation du gluten et des produits laitiers.

    Pour information, généralement, les personnes intoxiquées à qq métaux lourds que ce soit, souffre d’un dysfonctionnement des intestins (colopathies, douleurs, …). Il faut donc voir si vous souffrez ou pas du ventre. Supprimer ces aliments dont on ne compense pas toujours très bien le manque pour le corps ne doit se faire que s’il y a un confort abdominal.

    Je dois aussi vous dire que les premiers mois d’arrêt du gluten et des produits laitiers, je n’ai pas constaté de diminution des douleurs. Certaines personnes m’avaient dit que cela les avait aidées à ce niveau.

    Donc, une fois de plus, à chacun(e) d’évaluer son inconfort et ce qu’il pourrait y gagner. Et rassurez-vous Geneviève, la liste de course pourra être différente sans que la contrainte soit trop grande pour votre mari qui est de corvée.

    A bientôt de vous relire. Amitiés. Patricia

  7. Chrys dit :

    Bon anniversaire cher poisson (tout comme moi) Patricia !
    Pour ce qui est des pâtes, je ne les ai pas supprimées bien qu’appliquant le plus possible le régime Seignalet (j’avoue avoir du mal pr le tout cru) :j’achète en magasin bio des pâtes de quinoa ou de riz, tt à fait mangeables. Lait d’amande et farine de châtaigne sont excellents pr les clafoutis par exemple (mais c’est cher. Enfin, pour varier les féculents, j’utilise la polenta en petites galettes, le tapioca pr les desserts vite faits, qui remplace tt à fait la semoule de blé.
    Bien amicalement, Chrystel

  8. Patricia dit :

    Merci Krys de ces informations qui ne manqueront pas d’intéresser d’autres lecteurs(trices)… Pour ma part, je me méfie maintenant avec les pâtes au quinoa… car récemment, j’en ai acheté et j’ai vu que finalement il y avait 80 % de blé à l’intérieur… Je n’ai pas goûté le lait d’amande… La farine de châtaigne, effectivement, il faut en mettre peu et compenser le reste avec de la farine de riz très peu cher.
    Mais je regrette beaucoup les quelques fois où je mangeais de la semoule de blé au lait chaud sucré !
    Mais lorsque la santé en dépend, on ne se pose pas de questions…
    Amicalement. Patricia

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